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Immersion professionnelle PMSMP : tester un métier en entreprise

Vous hésitez à vous lancer dans un métier que vous ne connaissez que par les fiches ROME et les vidéos YouTube ? Il existe un dispositif gratuit, prévu par la loi, qui permet de passer quelques jours dans une vraie entreprise avant de décider : l'immersion professionnelle, que l'administration appelle PMSMP (période de mise en situation en milieu professionnel). Pas de contrat de travail, pas de salaire, mais un pied dans la porte. Et d'après les chiffres de France Travail, c'est un des leviers les plus sous-estimés de la recherche d'emploi.

Graphique immersion professionnelle PMSMP : 72 % d'accès à l'emploi pour les bénéficiaires contre 55 % sans immersion, 84 % avec un objectif de recrutement
Taux d'accès à l'emploi douze mois après la fin de l'immersion. Source : Pôle emploi, Éclairages et synthèses n°66, mars 2021.

Qu'est-ce qu'une immersion professionnelle (PMSMP) ?

La PMSMP a été créée par la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle. Le principe tient en une phrase : vous allez travailler aux côtés de salariés d'une entreprise, d'une association ou d'une collectivité, pendant une durée courte, encadré par un tuteur, sans être embauché.

Quelques règles à connaître avant d'appeler qui que ce soit :

  • Durée : un mois maximum, renouvelable une fois. Dans la pratique, la plupart des immersions durent quelques jours. France Travail présente d'ailleurs le dispositif comme une découverte « pendant 1 jour, 1 semaine ou 1 mois ».
  • Plafond par entreprise : deux immersions au plus avec la même structure d'accueil, sans dépasser 60 jours calendaires sur douze mois consécutifs.
  • Rémunération : aucune. Vous gardez en revanche votre statut d'origine (demandeur d'emploi, allocataire, salarié en reconversion) et vous restez couvert par l'organisme qui prescrit l'immersion.
  • Convention obligatoire : signée par vous, l'employeur et un prescripteur. Elle fixe l'objectif, les dates, les activités et le nom du tuteur. Sans convention validée, l'immersion ne peut pas démarrer.
  • Bilan : à la fin, l'entreprise et vous remplissez un bilan transmis au prescripteur.

Qui peut prescrire ? France Travail, les Missions locales (pour les moins de 26 ans), Cap emploi (pour les personnes en situation de handicap) et les structures d'insertion par l'activité économique. Et contrairement à ce qu'on lit souvent, il n'est pas nécessaire d'être inscrit à France Travail : un salarié qui prépare une reconversion avec un accompagnement peut aussi en bénéficier.

Ce n'est pas un stage. Un stage s'inscrit dans un cursus de formation, il est encadré par une école et gratifié au-delà de deux mois. L'immersion, elle, sert votre projet de recherche d'emploi. C'est plus court, plus souple, et ça se monte en quelques jours.

Pourquoi faire une immersion avant de postuler ou de se reconvertir ?

Parce que les chiffres sont parlants. En mars 2021, la direction des statistiques de Pôle emploi a publié une évaluation sur les immersions réalisées en 2019 : 203 000 immersions pour 182 000 bénéficiaires. Douze mois après la fin de l'immersion, 72 % des bénéficiaires avaient accédé à un emploi, contre 55 % pour une population témoin qui n'en avait pas fait.

Dix-sept points d'écart. Pour un dispositif qui ne coûte rien à personne, c'est énorme.

Le détail est encore plus intéressant. L'étude distingue l'objectif déclaré dans la convention. Quand il s'agit de découvrir un métier ou de confirmer un projet professionnel, le taux d'accès à l'emploi tombe à 65 %. Quand l'objectif est « initier une démarche de recrutement », il grimpe à 84 %. Autrement dit, l'immersion fonctionne comme une période d'essai avant la période d'essai, et beaucoup d'employeurs s'en servent exactement comme ça.

Côté recruteurs, plus de 9 employeurs sur 10 qui ont accueilli quelqu'un en immersion disent qu'ils la recommanderaient à d'autres entreprises. Et la même étude note que la principale raison pour laquelle les autres ne l'utilisent pas, c'est qu'ils ne connaissent pas le dispositif. Retenez bien ce point, il change votre façon d'approcher les entreprises (on y revient plus bas).

Les situations où elle vaut vraiment le coup :

  • Vous préparez une reconversion et vous allez investir des mois (et parfois votre CPF) dans une formation. Trois jours en boulangerie, en EHPAD ou dans un atelier de menuiserie évitent de découvrir les horaires et la charge physique après avoir payé. Si vous en êtes là, notre guide de la reconversion professionnelle vous aidera à poser le projet avant de le tester.
  • Votre CV ne passe pas les filtres : trou de plusieurs années, absence de diplôme, profil atypique. En immersion, le recruteur juge sur pièce, pas sur un PDF.
  • Une PME vous plaît mais n'a pas d'offre publiée. Proposer une immersion est souvent plus facile à accepter qu'une embauche directe.

Sur le profil des bénéficiaires, l'étude de 2021 relevait que les plus de 50 ans étaient sous-représentés : 13 % des bénéficiaires, contre 26 % de l'ensemble des demandeurs d'emploi. Dommage, parce que c'est justement le public pour qui la démonstration concrète compte le plus. Si vous êtes concerné, lisez aussi notre article sur la recherche d'emploi après 45 ans.

Comment trouver une entreprise d'accueil et obtenir la convention ?

Étapes d'une immersion professionnelle PMSMP : trouver l'entreprise d'accueil, demander la convention, validation par France Travail ou Mission locale, immersion avec tuteur, bilan
Le parcours type d'une immersion. Schéma PistEmploi d'après les règles publiées par France Travail.

Le point qui surprend le plus : c'est presque toujours vous qui trouvez l'entreprise. Votre conseiller peut vous orienter, mais il ne va pas démarcher à votre place. Deux chemins existent.

Passer par la plateforme Immersion Facilitée

L'État a lancé Immersion Facilitée, une plateforme publique qui recense des entreprises ayant déjà accepté d'accueillir des personnes en immersion. Vous cherchez par métier et par ville, vous contactez l'entreprise, et la demande de convention se remplit en ligne. Le prescripteur la valide ensuite. C'est le chemin le plus rapide quand l'entreprise est déjà référencée.

Démarcher vous-même (souvent plus efficace)

Pour les petites structures, le téléphone ou la visite sur place marche mieux. Le piège, c'est d'appeler en disant « je cherche une immersion ». Le patron d'un garage ou d'une agence immobilière ne sait pas forcément ce que c'est, et ce qu'il ne connaît pas, il le refuse. Formulez plutôt l'intérêt pour lui :

« Bonjour, je suis en reconversion vers le métier de technicien de maintenance. Je cherche à passer trois ou quatre jours dans un atelier comme le vôtre pour voir le travail réel. C'est encadré par France Travail, ça ne vous coûte rien, il y a une convention et je suis couvert. Vous auriez quelqu'un qui accepterait que je le suive ? »

Ça marche bien mieux. Préparez-vous à envoyer un mail de confirmation avec votre CV dans l'heure qui suit, puis transmettez les coordonnées du tuteur à votre conseiller. Le principe ressemble beaucoup à une candidature spontanée, avec un argument en plus : l'entreprise ne prend aucun risque.

Un conseil pratique : ne lancez pas une seule demande à la fois. Contactez cinq ou six structures, notez qui vous a répondu, qui doit vous rappeler et quand relancer. C'est exactement le genre de suivi qu'on oublie après la deuxième semaine, et un tableau de bord comme PistEmploi évite de perdre la trace d'un patron qui vous avait dit « rappelez-moi lundi ».

Comment transformer l'immersion en embauche ?

Le chiffre de 84 % ne tombe pas du ciel. Il vient du fait que certaines entreprises utilisent l'immersion pour recruter. Votre job pendant ces quelques jours, c'est de leur donner envie de le faire.

Ce qui fait la différence sur le terrain :

  • Arriver avec des questions précises sur le métier, pas sur l'entreprise en général. « Comment vous gérez un client mécontent au comptoir ? » vaut mieux que « Vous êtes combien de salariés ? ».
  • Faire, pas regarder. La convention prévoit des activités. Demandez dès le premier jour ce que vous pouvez prendre en charge, même une tâche ingrate.
  • Tenir un carnet : ce que vous avez fait, ce que vous avez appris, ce qui vous a plu ou pas. Il servira pour le bilan, et pour votre prochain entretien si ce n'est pas ici que vous êtes embauché.
  • Poser la question franchement le dernier jour. « Si un poste s'ouvre, est-ce que vous me verriez dans l'équipe ? » Personne ne vous en voudra. Le pire qu'on puisse vous répondre, c'est non, et vous repartez avec un contact et parfois une recommandation.

Et si l'immersion vous apprend que le métier n'est pas pour vous ? C'est une réussite, pas un échec. Mieux vaut trois jours de doute qu'une formation de neuf mois abandonnée à mi-parcours. Le bilan de fin d'immersion servira d'argument auprès de votre conseiller pour réorienter le projet, ou pour tester un autre métier : rien ne vous interdit de faire plusieurs immersions dans des entreprises différentes.

Dernier point, la question qui revient tout le temps : pendant l'immersion, vous restez dans votre situation. Si vous êtes indemnisé, l'immersion ne crée pas de revenu supplémentaire, mais elle ne vous fait pas perdre votre statut non plus, comme le rappelle monparcourshandicap.gouv.fr. Pour vos obligations vis-à-vis de France Travail pendant cette période (rendez-vous, actualisation), faites le point avec votre conseiller avant de signer la convention.

Bref. Si vous ne devez retenir qu'une chose : l'immersion professionnelle est gratuite, courte, encadrée, et elle donne des résultats mesurés. La prochaine fois qu'une entreprise vous répond « pas de poste ouvert », demandez-lui si elle accepterait de vous accueillir trois jours. Vous seriez surpris du nombre de oui.

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